MATELOTAGE



Fascinant univers que celui des nœuds. L'origine remonterait à l'époque préhistorique; on croit en effet que les hommes primitifs l'utilisaient avant même d'avoir découvert le feu et les métaux.
Au cours des âges, le nœud a été utilisé dans les domaines les plus variés, et certains ont même acquis une signification sacrée, religieuse, magique ou superstitieuse.
C'est pourtant dans la marine que leur utilisation est importante, et ce depuis l'Antiquité. C'est dans ce domaine que l'art des nœuds, comme d'une manière générale celui du matelotage, s'est développé et perfectionné le plus profondément. Dans la vie courante ne dit-on pas d'un nœud bien fait, qu'il sagit d'un nœud marin ?
Ils ont tous cependant un point commun, celui de tenir sans se défaire sous la tension et de pouvoir être dénoués facilement lorsqu'il le faut, même si le cordage est mouillé. Comme chacun est supposé le savoir en montant à bord, il ne faut jamais employer le mot corde à la place de cordage. Corde désigne uniquement le cordage ouvragé permettant d'actionner la cloche.
À l'époque de la marine à voile, tout bon marin connaissant son métier était capable de faire très vite et très bien plusieurs dizaines de nœuds, des nœuds rituels jusqu'aux nœuds d'ornement.
À bord des navires de guerre ou de commerce, le bosco est le maître de manœuvre et de tout ce qui touche au gréement et au matelotage.
Le spécialiste des nœuds dans l'équipage est le gabier (matelot chargé de la manœuvre des voiles) pour qui les nœuds n'ont pas de secret.

Sans être un professionnel, chacun doit pouvoir à bord effectuer les nœuds marins de base.


COURANT - DORMANT

Le COURANT est l'extrémité d'un bout qui sert à tisser le nœud. Cette extrémité est à opposer au dormant qui lui, est fixe et généralement lié à une pièce du gréement.

Le DORMANT est l'extrémité d'un bout qui est supposée fixe. Il peut être lié à une pièce du gréement. Cette extrémité est à opposer au courant qui sert réellement à faire le nœud.


Les différentes catégories de nœuds

1 - Les Nœuds d'Arrêt
2 - Les Nœuds d'Assemblage
3 - Les Nœuds d'Amarrage
4 - Ranger un Cordage
5 - Les Nœuds pour la Pêche

  1. ARRÊT
    • Demi-nœud : (Overhand knot) C'est le nœud qui vient automatiquement sous les doigts. Ce nœud ne sert à rien : il manque de volume pour faire un nœud d'arrêt. Une fois serré et raidi par le sel, il est difficile à défaire. En revanche, pas assez souqué, il se dénoue tout seul.

    • Nœud en huit : (Figure-eight knot) C'est le nœud d'arrêt par excellence : il présente un bon volume, se fait rapidement et se défait sans difficulté, même très serré. Tendance à se défaire si réalisé trop près de l'extrémité du cordage. Faites le nœud en huit à au moins vingt centimètres de l'extrémité du boute qu'il doit bloquer.

    • Nœud plein poing : Facile et rapide à réaliser, il sert à faire une boucle ou une poignée sur un cordage à haler, ou à supprimer momentanément une partie abîmée. Il est solide mais très difficile à défaire lorsqu’il a subi une forte tension.

    • Nœud jambe de chien : Il raccourcit une corde, ou permet de renforcer une zone abîmée, sans la couper, ni détacher les extrémités.

    • Nœud de capucin : (Multiple overhand knots) C'est le nœud utilisé par les moines pour la corde qui ceinture leur robe de bure. C'est le nœud définitif parfait, il ne risque pas de se défaire tout seul, et offre un important volume.
      Malgré son apparente simplicité, son exécution est beaucoup moins facile qu'il paraît, car pour lui donner la forme régulière qui fait toute son élégance, il faut le tordre sur lui-même pendant qu'on le serre.


    • Nœud pomme de touline : (Monkey fist knot) Ce nœud sert de lest pour lancer une amarre. Son aspect décoratif peut lui donner d'autres fonctions.
      Prendre une ligne de quinze centimètres. Avec le pouce, maintenir le courant dans la paume de la main gauche. Faire deux tours morts sur la main, les doigts légèrement écartés. Puis passer l'extrémité entre les bouts du majeur et de l'annulaire. Ramener l'extrémité vers soi en passant à la base de l'annulaire et du majeur et en entourant les tours d'origine; faire ainsi deux tours, le second au dessus du premier. Enlever cette structure de la main et ajouter les deux derniers tours, en procédant comme sur le schéma.
      Exécuté de cette manière, ce nœud peut être façonné en une pomme compacte. Mais en général, on le fait autour d'un œuf à thé, d'un galet rond ou d'une bille. Si on veut ainsi le lester, il faut prendre trois ou quatre tours à chaque étape, au lieu de deux. Pour parfaire le tout, on épisse l'extrémité sur le côté du dormant


    • Bonnet Turc (3X5) : (Turk's Head (3x5)) Bonnet turc à 5 ganses et trois spires. Très pratique pour la confection d'un tapis, un dessous de plat, de verre ou une déco sur une main courante.

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  2. ASSEMBLAGE
    - Diamètres Identiques
    • Nœud plat : C'est le nœud le plus pratique pour réunir deux cordages. Vous saurez que vous avez bien fait ce nœud, si les boucles coulissent bien l'une dans l'autre. Le nœud plat est parfois difficile à défaire.

    • Nœud de vache : Deux cordages réunis par ce nœud retrouveront leur liberté à la première tension.

    • Nœud de carrick : (Carrick bend) C'est sans doute le plus élégant de tous les nœuds et de plus très solide. D'ailleurs, ne sert-il pas à former les brandebourgs sur les uniformes d'apparat, et n'a-t-il pas inspiré un point de tricot des superbes pulls irlandais? Même plongé dans l'eau, il se défait très facilement. Il est souvent utilisé pour rallonger la remorque entre deux bateaux.

    - Diamètres Différents
    • Nœud de pêcheur : Ce nœud, même raidi se défait sans peine en écartant simplement les deux nœuds qui le composent.
      Pour le réaliser, on juxtapose sur une certaine longueur les deux cordages à rabouter, et l'on fait à l'extrémité de chacun d'eux un demi-nœud autour de l'autre.

    • Nœud d'écoute : La ganse est formée par le plus gros des deux, et le nœud lui-même par le plus fin. Sert à réunir deux cordages de diamètres différents.

    • Nœud d'agui : Ce nœud se compose de deux nœuds de chaise.

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  3. AMARRAGE
    • Tour mort et deux demi-clés : (Round turn and two half hitches) Technique la plus facile dans l'urgence.
      On entoure la bitte d'amarrage, l'anneau de quai avec le cordage. Ce tour mort fait frein et permet de finir le nœud sans difficulté. Finition par deux demi-clés sur le dormant du cordage, servant surtout à verrouiller l'amarrage. Ce nœud offre un autre avantage : on peut toujours le défaire facilement.
      Proverbe Breton (Breizh = BZH) : " Un tour mort et demi-clé à capeler n'ont jamais laché !!! ".

    • Demi-clés à capeler : Faire une boucle que l'on laisse tomber par dessus la bitte d'amarrage. Réaliser une seconde boucle, en sens inverse de la première, et juxtaposer à la première. L'ensemble est auto bloquant. Voir aussi: Noeud de cabestan. On l'utilise pour amarrer un bateau à un pieu, un anneau ou à une bitte d'amarrage. Les demi-clés à capeler se font toujours sur le dormant de son propre filin.

    • Nœud de Chaise : (Bowline knot) Une boucle qui ne glisse pas. Vous trouverez sur les pontons, un marin qui vous expliquera une histoire d'un serpent ou crocodile, d'un arbre, etc... Pourquoi pas, la marine a ses traditions. Comme il a l'avantage de ne pas serrer, même sous une traction très forte comme par exemple sur un anneau, il est fréquemment utilisé par les navigateurs.

    • Nœud de Chaise double : Deux boucles différentes qui ne glissent pas.
      L'usage le plus courant sert à suspendre un équipier le long de la coque ou à le hisser dans la mature. Faire un premier nœud de chaise simple et le continuer par une deuxième boucle.

    • Nœud de Mule : Il permet d'amarrer rapidement et provisoirement un bateau, car il peut être libéré facilement. Il suffit de tirer sur le brin libre pour le dénouer, même si le nœud est encore sous tension. Il s'agit surtout d'un nœud temporaire. Il peut se réaliser sous tension, pour autant que le courant ne le soit pas, autrement dit qu'il n'y ait une traction que du côté du dormant.

    • Nœud de Meunier : C'est un nœud simple à faire, auto-serrant. Une fois souqué ou serré, on ne peut plus le dénouer. Il faut alors souvent le couper. Très proche du nœud de cabestan, il comporte une demi-clé supplémentaire qui lui procure une tenue bien supérieure. On peut le serrer particulièrement fort : il restera serré, contrairement au nœud de cabestan. Il a de plus l'avantage d'être facile à couper, sans risque d'abîmer l'objet entouré. Ce nœud peut servir à fermer un sac, à placer une surliure provisoire, ou comme nœud d'amarrage.

    • Nœud Coulant : C'est le nœud d'amarrage qui consomme le moins de longueur. Un demi-nœud d'arrêt empêche le nœud coulant de se défaire quand on le serre.

    • Amarrer sur un Taquet : Pour fixer un cordage à un taquet, on effectue d'abord un tour mort, puis un "8", et enfin une demi-clé renversée. Pour une sécurité absolue et éviter que le nœud ne saute, la dernière boucle doit être dans l'autre sens. Ainsi, elle se trouve parallèle au passant précédent, et l'ensemble est mieux maintenu.

    • Nœud tête d'alouette : C'est un nœud très facile à réaliser, peut glisser et devenir incertain si les deux extrémités de la corde n'ont pas la même charge.

    • Nœud de Grappin : (Anchor Bend) Sert à relier l'anneau de l'ancre à la ligne de mouillage, elle empêche cette dernière de s'user par frottement.
      On effectue deux tours morts autour de l'anneau, puis on passe le courant du nœud entre l'anneau et les tours morts. Cela correspond à une première demi-clé, on en ajoutera une ou deux autres pour parfaire ce nœud.

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  4. RANGEMENT
    • Lover un Cordage : Il faut former des boucles égales dans le vide, la main droite tenant la glène qui se forme ainsi tour après tour. Une fois la glène terminée, on en fait plusieurs fois le tour avec l'extrémité du cordage. On termine par une ganse (3). Celle-ci vient capeler le sommet de la glène (4), tirer sur l'extrémité du cordage pour la souquer (5). Une fois pliée, elle ne doit pas se défaire. Deuxième méthode de Lover un Cordage.

  5. PÊCHE
    • Épissure : (back splice) Le bout épissé sur lui-même est à commencer par la droite. Pour bien réussir cette épissure, il est conseillé de faire une surliure provisoire sous le nœud. D'autre part, il est impératif de passer au minimum 3 fois dans le cordage en faisant des dessus-dessous.

    • Épissure en œil : L'épissure en œil est l'épissure à utiliser pour apprendre cet art. Il n'existe pas moins de 15 façons de faire cette épissure. Pour des raisons d'efficacité, il faut impérativement faire trois passages minimum en dessus/dessous, dans le cordage qui est ainsi "tressé", surtout si le nœud reçoit des tensions par à coups. Sans quoi il risque de se défaire.
      Matériel : Un couteau bien affûté, un épissoir, un rouleau de ruban adhésif, un mètre, une bobine de fil nylon pour surliure, une cosse cœur.

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